prieur


prieur

prieur, eure [ prijɶr ] n.
XIIe; fém. 1390; lat. prior « premier de deux, supérieur », spécialisé en lat. ecclés.
Supérieur, supérieure de certains couvents (dits prieurés). Prieur, Père prieur. Prieure, Mère prieure.

prieur, prieure nom (latin prior, supérieur) Dans une abbaye bénédictine, moine nommé par l'abbé, ou moniale nommée par l'abbesse, pour les aider dans leur tâche spirituelle et les remplacer en cas d'absence. Dans certains ordres, supérieur local d'une communauté. ● prieur, prieure (citations) nom (latin prior, supérieur) Denis Diderot Langres 1713-Paris 1784 La sagesse du moine de Rabelais est la vraie sagesse, pour son repos et pour celui des autres : faire son devoir tellement quellement ; toujours dire du bien de Monsieur le Prieur, et laisser aller le monde à sa fantaisie. Le Neveu de Rameau tant bien que mal

prieur, eure
n. Religieux, religieuse qui dirige certains monastères.

PRIEUR, -EURE, subst.
A.— Subst., RELIG. CATH.
1. [Dans l'ordre de St Benoît] Supérieur(e) d'un couvent d'hommes ou de femmes détaché(e) d'une abbaye; moine ou moniale venant immédiatement après l'abbé ou l'abbesse. Grand prieur. Les cloches n'ont pas sonné de la journée. Le prieur est clos dans sa cellule; tous les moines, en retraite; on ne parle à personne (SAND, Lélia, 1833, p. 312) :
[L'abbesse] fit appeler les notaires qui étaient sortis d'abord, et, le prenant d'un ton plus haut, parla de son autorité et du pouvoir qu'elle avait de déposer la prieure, comme il lui plairait. Elle lui dit « qu'elle était surprise qu'une prieure, qu'elle pouvait révoquer à volonté, répondît seule pour une Communauté, sans l'assembler pour prendre son avis (...) »
SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 5, 1859, p. 566.
Prieur(e) (claustral(e)). Religieux/religieuse élu(e) pour une durée de trois ans ou nommé(e) par un abbé/une abbesse commendataire, afin de gouverner la communauté. La prieure est élue pour trois ans par les mères, qu'on appelle mères vocales parce qu'elles ont voix au chapitre. Une prieure ne peut être réélue que deux fois, ce qui fixe à neuf ans le plus long règne possible d'une prieure (HUGO, Misér., t. 1, 1862, p. 578). Guy, prieur claustral en la bonne abbaye De Clairvaux, où la règle étroite est obéie (LECONTE DE LISLE, Poèmes barb., 1878, p. 323).
Sous-prieur(e). Religieux/religieuse qui gouverne le couvent immédiatement après le/la prieur(e). Après complies, André et moi retrouvons le sous-prieur qui nous mène à sa cellule, laquelle est grande, bien éclairée, pleine de livres (GREEN, Journal, 1946, p. 10). La Prieure et Mère Marie de l'Incarnation, sous-Prieure, prennent la postulante par la main et, suivies de la communauté qui chante un cantique, la conduisent au pied d'une statuette (BERNANOS, Dialog. Carm., 1948, 2e tabl., 2, p. 1587).
Empl. adj. Père prieur, mère prieure. Bientôt Dom Felletin et Dom d'Auberoche, en coule, arrivèrent à leur tour et se dirigèrent vers la sacristie où le père prieur s'habillait pour dire la messe (HUYSMANS, Oblat, t. 2, 1903, p. 29). Dès l'aube, on vint réveiller M. Godeau dans sa cellule. Il assista aux derniers préparatifs. La Mère Prieure, très vieille dans ses mitoufles, avait quitté la chapelle tiède, où l'on entendait psalmodier l'Office (JOUHANDEAU, M. Godeau, 1926, p. 85).
2. [Chez les Chartreux et les Dominicains] (Titre du/de la) supérieur(e) local(e). Elle (...) entra dans un couvent de dominicaines, dont elle devint prieure, et où elle vivait encore dans une grande sainteté, lorsque Théodoric écrivit son histoire (MONTALEMBERT, Ste Élisabeth, 1836, p. 319). La prieure des Chartreusines a le privilège de porter deux fois [l'étole et le manipule], le jour de son installation et sur son lit mortuaire (BARRÈS, Colline insp., 1913, p. 111).
B.— Subst. masc.
1. [Dans l'ordre de Malte] (Grand) prieur. (Titre de) chevalier revêtu d'un bénéfice de l'ordre. Grand prieur de France, de Champagne. Le maréchal Boucicault (...) obtint la permission de s'en aller, avec le sire de La Tremoille, chez le seigneur de Mitylène, pour emprunter de l'argent. Ils y trouvèrent jusqu'à trente mille francs, puis passèrent à Rhodes, où le prieur d'Aquitaine leur en prêta aussi (BARANTE, Hist. ducs Bourg., t. 2, 1821-24, p. 211). Le 27 septembre 1949, S.E.Rme le cardinal Canali, grand prieur de Rome de l'ordre de Malte, quitta sa villa de Quadrelli, en Ombrie, ses vacances terminées (R. PEYREFITTE, Chevaliers de Malte, 1957, p. 7). V. bailli ex. 4.
2. HISTOIRE
a) Prieur de Sorbonne. Dignitaire qui présidait, pendant un an, aux assemblées de Sorbonne. Ce bonhomme rassemble alors ses papiers, garde la plume, et s'en va par les rues, étonnant les flâneurs, qui le prennent pour l'ombre d'un prieur de Sorbonne (BALZAC, Œuvres div., t. 2, 1830, p. 22).
b) (Titre d'un) magistrat suprême de la république de Florence. Chargé successivement de plusieurs ambassades, quand il reparut dans son pays, les suprêmes honneurs et les derniers périls l'y attendaient. En revêtant les fonctions de Prieur (...), il trouva les nobles et les plébéiens rentrant en lutte sous les nouveaux noms de Noirs et Blancs (OZANAM, Philos. Dante, 1838, p. 64).
REM. 1. Prieural, -ale, -aux, adj. a) Vx. Qui appartient, qui a rapport à un prieur, un prieuré. (Dict. XIXe et XXe s.). b) Chambre prieurale. Nom de certaines commanderies de l'ordre de Malte (Dict. XIXe et XXe s.). 2. Prieurat, subst. masc. Fonction de prieur(e); exercice et durée de cette fonction (Dict. XIXe et XXe s.).
Prononc. et Orth. []. Att. ds Ac. dep. 1694 (1694-1878, au masc.). Étymol. et Hist. 1. Déb. XIIe s. subst. masc. priur « supérieur d'un couvent » (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 149); d'où le subst. fém. 1210-25 priore « supérieure d'un couvent » (Yder, éd. H. Gelzer, 2899); 1390 prieure (Pièces relatives à Louis I, duc d'Orléans, éd. F. M. Graves ds Bibl. du XVe s., t. 19, p. 394a); 2. 1429-30 titre désignant autrefois certains dignitaires ou magistrats (ALAIN CHARTIER, Livre de l'Esperance, éd. Fr. Rouy, IX, 131, p. 69 : prieurs des ars). Empr. au b. lat. eccl. prior, -oris « supérieur, abbé » (déb. VIe s. ds BLAISE Lat. chrét.), également att. au sens de « administrateur civil de petites cités » (VIe s., ibid.) et « notabilités d'un lieu » (VIe s. ds NIERM.), également en lat. médiév. priores artis au sens 2 (1285 ds DU CANGE t. 6, p. 505b), en lat. class. « le premier de deux ». Cf. la forme prieus « supérieur de couvent » ca 1200 (RAIMBERT, Ogier, 9505, Barrois ds GDF.) — 1485 [date ms.], Myst. St Adrien, éd. É. Picot, 171 : prieux). Fréq. abs. littér. :503. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 528, b) 1 008; XXe s. : a) 763, b) 689.

1. prieur, eure [pʀijœʀ] n.
ÉTYM. V. 1175; fém., 1390; prior, v. 1155; lat. prior « premier de deux, supérieur », spécialisé en lat. ecclésiastique.
1 Supérieur, supérieure de certains couvents (dits prieurés). || Prieur, père prieur (→ Honneur, cit. 108; marri, cit. 2). || Prieure, mère prieure (→ 1. Mère, cit. 17; nonnette, cit.). || Sous-prieur : religieux immédiatement au-dessous du prieur. || Grand prieur, se disait de celui qui avait la première dignité après l'abbé titulaire, dans certaines abbayes; spécialt dans l'ordre de Malte, chevalier revêtu d'un bénéfice de l'Ordre (dit Grand Prieuré).
1 (Saint) Dunstan fonda un petit prieuré (…) et lui donna le nom de prieuré de la Montagne (…) En l'année 1689, le 15 juillet au soir, l'abbé de Kerkabon, prieur de Notre-Dame de la Montagne, se promenait sur le bord de la mer (…) Le prieur (…) était un très bon ecclésiastique, aimé de ses voisins (…) Ce qui lui avait donné surtout une grande considération, c'est qu'il était le seul bénéficier du pays qu'on ne fût pas obligé de porter dans son lit quand il avait soupé avec ses confrères.
Voltaire, l'Ingénu, I.
2 La prieure est élue pour trois ans par les mères, qu'on appelle mères vocales parce qu'elles ont voix au chapitre. Une prieure ne peut être réélue que deux fois, ce qui fixe à neuf ans le plus long règne possible d'une prieure.
Hugo, les Misérables, II, VI, II.
2 (1690). Hist. Titre que portaient de hauts magistrats dans certaines républiques italiennes.
DÉR. Prieural, prieuré, priorat.
COMP. Sous-prieur.
HOM. 2. Prieur.
————————
2. prieur, euse [pʀijœʀ, øz] n.
ÉTYM. 1486; de prier.
1 N. m. Vx. Personne qui annonçait les funérailles.(1695). || Prieur au deuil.
2 N. f. Régional (Suisse). Femme qui ouvre le cortège d'un enterrement.
0 Les deux prieuses avançaient sans trop de peine, habituées mieux que lui au verglas.
Corinna Bille, le Sabot de Vénus, p. 100.
HOM. 1. Prieur.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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